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AŸ cactus, l'entrepreneuriat féminin en France

entrepreneuriat féminin en France

Aujourd’hui sur le blog, nous vous présentons, AŸ une marque française de cactus 100 % faits à Paris, et dont les jolis pots très pop sont personnalisables.

Dans cette interview, Coralie Millou nous raconte l’histoire de son entreprise, de l’idée au lancement, en passant par les hauts et les bas. Elle partage avec nous son esprit résilient, démontrant ainsi à quel point une réussite entrepreneuriale est liée à un état d’esprit beaucoup plus qu’à des outils ou des méthodes.

Coralie et Clémentine, deux amies venues de Nice, ont décidé de lancer leur projet après avoir travaillé en agence de pub à Paris.

AŸ en quelques dates clés

  • L'idée germe en mars 2015
  • La première pousse de la marque voit le jour en juin 2015
  • Ouverture d'une boutique physique en 2017
  • Développement de la gamme de produits et services en 2019

D'où vous est venue l'idée de lancer cette marque de cactus ?

À l’époque, on travaillait toutes les deux en agence de communication / publicité / événementiel et on voulait changer pour faire quelque chose qui nous passionnait vraiment, faire quelque chose par nous, pour nous et que ce soit un projet de vie. Donc on s'est demandé : « qu'est-ce qu'on peut faire  ? ».

On ne voulait pas recréer une agence, on a envisagé une marque de fringues car on adore ça mais c'est très complexe à lancer avec peu de fonds et il faut quand même une énorme logistique… Et puis on a des amis qui s’étaient lancés en tant qu'entrepreneurs sur une marque textile et on avait vu à quel point c'était sportif.

Ensuite on a exploré la piste de la décoration d'intérieur et plus particulièrement des plantes. Il se trouve que ce jour-là, on était chez moi, on s'est retournées vers une commode remplie de cactus, et l’idée s'est naturellement imposée à nous : c’est comme ça que nous sommes arrivées aux cactus.

Vous étiez déjà fan de cactus ?

Clémentine et moi venons toutes deux de Nice et il s'avère que dans cette ville, il y a beaucoup de plantes et particulièrement des cactus. Donc on en a toujours eu dans la famille et naturellement quand on est « montées à la capitale » comme on dit, on l’a fait avec nos cactus.

C’est une plante très déco et qui ne nécessite pas énormément d'entretien, donc idéale.

Après avoir eu cette idée, par quelles étapes êtes-vous passées ?

On a eu l’idée en mars 2015 et en huit semaines, on a créé la marque et lancé notre site sur Shopify. Durant ces semaines, on a beaucoup travaillé sur le prototypage et la réflexion sur ce produit qui n'existait pas - puisque des cactus dans des boîtes de conserve designées et personnalisables ça n'existait pas à l'époque.

« Shopify est une porte d'accès hyper intuitive sur un réseau e-commerce. »

Pourquoi avez-vous choisi de lancer votre boutique sur Shopify ?

Nos amis entrepreneurs dont je parlais plus tôt se sont lancés sur Shopify et nous ont encouragé à tester car, je cite, « l'interface est hyper cool, c'est facile d'accès ».

Autant par nos métiers précédents, on savait manier les réseaux basiques du digital, autant le e-commerce c'est quand même autre chose, on n'est pas codeurs. Il s’est avéré que Shopify est une porte d'accès hyper intuitive sur un réseau e-commerce.

Au départ, on a créé notre boutique toutes seules en quelques semaines. Maintenant, on cherche à la perfectionner donc on a fait appel à un ami développeur pour mettre en place un module de personnalisation en direct, redévelopper un peu l'interface du site et en profiter pour améliorer l'expérience client.

 

« Au départ, on a dû investir quelque chose comme 500 € chacune. »

Quelle était votre stratégie pour faire connaître la marque au tout début ?

Au début on avait encore nos jobs, donc on travaillait la journée et puis le soir on entamait notre deuxième journée de travail. Et c’est par ce cumul d’activités qu’on a eu la chance – ou le culot – de solliciter des blogueuses qui ont, par la suite, relayé le produit.

Grâce à ce coup de pouce des influenceuses on a tout de suite fait des ventes sur le site, ce qui nous a permis d’être à l'équilibre entre notre matière première et les ventes. On n'a jamais été déficitaires sur le produit dès le départ. On a dû investir à la base quelque chose comme 500 € chacune.

Est-ce que vous avez utilisé une stratégie en dehors des blogueuses pour vous faire connaître sur internet  ?

Pas du tout, mais c'est juste par manque de temps parce qu'aujourd'hui on n'est encore que toutes les deux à gérer Aÿ Cactus. Ca fait partie des axes de développement en 2019, de nous libérer du temps pour nous poser et définir une stratégie.

« Toute la production est faite de manière artisanale et en circuit local à Paris. »

Comment est organisée la production des cactus ?

Toute la production est faite de manière artisanale et en circuit local à Paris.

Quand on a démarré, on faisait tout : on avait nos pépinières en région parisienne et on rempotait nous-mêmes les cactus. Les pots viennent du centre de la France et on avait une imprimante à la maison pour la personnalisation des pots.

Aujourd’hui, on a délégué tout ce travail de rempotage et on travaille avec une imprimerie professionnelle, mais tout est toujours fait de manière artisanale et en circuit local, c'est vraiment du made in Paris.

C’est important pour vous cet aspect local de la production ?

Oui, c’est hyper important qu'on soit sur cette démarche éthique et écologique.

Au tout départ on était même éco-responsable parce qu’on recyclait nos conserves mais en étant revendus dans des grands magasins et différentes boutiques on a été obligés de standardiser et d’homogénéiser le produit.

On ne peut plus se permettre d'avoir des conserves qui vont faire 20 cm de haut et d'autres qui vont en faire 5, c'est juste impossible.

« On s'est dit on le tente, on voit si ça marche. »

Vous travailliez en agence avant. Aviez-vous déjà fait de la vente ?

Jamais, zéro, même pas d'école de commerce, rien du tout.

Alors, quand on a eu notre première vente, on était comme des oufs, on ne va pas se le cacher, on s'est dit this is real !

C'est émouvant parce que tu te dis qu’il y a des gens qui croient en ton projet. Tu te dis que tu n’as pas fait tout ça pour rien.

Nous on y croyait dès le début dans ce projet pour s’y investir autant mais on n’imaginait pas que ça allait prendre une telle ampleur.

On s'est dit on le tente, on voit si ça marche et puis et en fait oui, ça a marché, c’est impressionnant. Et du coup j'ai quitté mon travail au bout de quatre mois d'activité d'Aÿ Cactus et Clémentine un tout petit peu plus tard.

« Les UP n'existeraient pas s'il n'y avait pas de DOWN. »

J'ai l'impression dans ce que vous me dites que tout est parti très vite, vous avez réussi assez rapidement à vous lancer. Est-ce qu'il y a eu des moments plus difficiles au début ?

Tout le temps. Sinon ce n'est pas drôle, les up n'existeraient pas s'il n'y avait pas de down.

Si je veux raconter un exemple de moment difficile… Tu développes un produit et tu ne sais pas comment l'expédier par La Poste. Et là, ça prend beaucoup de temps et de réflexion, et de remue-méninge pour trouver comment expédier une plante.

Parce qu’un carton est jeté sur 5 mètres de long, oui tu te dis « bon, dans ce carton il y a une plante, de la terre, comment ça se passe à l'intérieur ? » .

Et puis petit à petit tu affines, tu apprends et tu crées un packaging sur-mesure que tu designes toi-même. Alors que tu n'étais pas designer. Et ça le fait, et ça le fait grave, oui.

Donc oui on a que ça des galères, mais c'est le principe même de l'entrepreneuriat, peu importe dans quel domaine, c'est une obligation : si tu ne fais pas d'erreur, comment tu veux perfectionner ton produit ?

C’est comme dans la vie, tu vis des échecs, des ruptures et c’est ce qui fait que tu grandis. Donc oui, c'est normal et c'est sain et il faut avoir ces down, ce sont eux qui font la beauté du projet.

« Cette phrase hyper bateau d'entrepreneur que je ne supporte pas, mais qui est très vraie c'est " Fake it until you make it ". »

Vous parliez de logistique : vous vendez vos produits principalement en ligne ? Avez-vous également des pop-up stores, des boutiques ?

Deux mois après le lancement de notre site e-commerce sur Shopify, le Bon Marché et Fleux (un concept store très réputé dans le Marais) nous ont contacté en nous disant « j'adore le produit, j'ai envie de le commander, comment ça se passe  ? ».

Et bien on ne sait pas comment ça peut se passer et on découvre un nouvel univers. On découvre comment fonctionne le travail avec un revendeur et les concepts de prix de vente, prix de revente, prix de gros, prix dégressif…

« On va y aller et puis on va voir comment ça se passe. »

Vous n’aviez jamais entendu ces termes ?

Clémentine et moi, on a toutes les deux fait des études de communication, je ne dis pas qu'il faut nécessairement faire des études de commerce pour faire du commerce mais disons que notre expertise c’était vendre un produit, le sublimer, lui créer une histoire, le faire parler, le mettre en lumière…

En revanche, toute cette partie logistique, coût de revient, gestion des stocks, les matières premières, tout ce qui incombe à la production ce n’était que des points d’interrogation pour nous.

Donc on a appris sur le tas, on se dit bon on va y aller et puis on va voir comment ça se passe. Et là on apprend et on fait mieux.

Cette phrase hyper bateau d'entrepreneur que je ne supporte pas, mais qui est très vraie c'est «  Fake it until you make it  ». Ce n'était pas du fake parce qu'on croyait déjà en notre produit mais le Bon Marché qui t'envoie un mail en disant « est-ce que vos usines sont capables de produire... » Vos quoi  ? Mais on rempote sur notre table de salon, monsieur.

Et qu'est-ce que vous répondez ?

On répond « oui, pas de souci » mais la vérité, c’est qu’on ne peut pas livrer. Et donc le niveau de stress est à son maximum mais c’est Le Bon Marché alors on y va, on se retrousse les manches et puis tout s’enchaîne.

Votre présence au Bon Marché a été un moment décisif ?

Le fait d'être vues dans ces boutiques (Le Bon Marché et Fleux) nous a fait gagner en crédibilité et en légitimité.

C’est un cercle vertueux, pour eux car ça alimente leur image de découvreur de pépites et d’avant-gardistes, et pour nous le simple fait d’être sélectionné nous fait faire un bon en avant en terme de notoriété.

Par la suite, on a participé à un salon d'acheteurs spécialisé dans la mode et on était une des seules marques de design. Et puis là pareil, on ne savait pas comment ça se passait, on ne savait pas ce que c'était que des bons de commande, enfin des order sheets. Et on allait voir les marques à côté avec qui avait sympathisé et les gens nous ont aidé.

« Avec nos erreurs, on a appris et nous voilà trois ans et demi plus tard : on est encore là et c'est un rêve éveillé. »

Il y a une solidarité entre entrepreneurs ?

Oui, parce qu'ils ont vécu les mêmes galères alors ils t’aident sans te juger.

Et voilà, ça se passe comme ça en fait, petit à petit tu prends un carnet, un stylo, tu dis bon ça il ne faut pas faire comme ça ; ça, il faut faire comme ça. Et tu affines, au fur et à mesure.

Je reviens sur le sujet des échecs, clairement, si on n’avait pas fait certaines erreurs à cette époque, peut être qu'on les ferait aujourd'hui et là on se casserait les dents.

Avec nos erreurs, on a appris et nous voilà trois ans et demi plus tard : on est encore là et c'est un rêve éveillé.

Aujourd'hui quel est votre meilleur canal de vente ?

Le B2B est notre plus grosse part de marché, ensuite le B2C via nos revendeurs dans des boutiques qui revendent Aÿ Cactus, il y en a à peu près entre 60 et 70 en France et en Europe, puis le site internet évidemment.

Et l’international hors d’Europe, vous y songez ?

On ne peut pas vendre pour l'instant sur des territoires tels que l'Asie, les Émirats arabes unis, ou les US pour des raisons de contraintes phytosanitaires qui sont extrêmement complexes sur les denrées, ce qu'on appelle les denrées périssables et plus particulièrement sur les plantes. C’est une raison pour laquelle on développe actuellement de nouveaux produits tels que les bougies, parce que c'est beaucoup plus simple à exporter.

Quel est votre top 3 d’applis indispensables à votre quotidien en tant que propriétaire d'une boutique Shopify ?

Je vous donne même mon Top 4 :

  1. Sencloud nous fait gagner un temps énorme en nous permettant de jumeler les bordereaux de Poste en direct
  2. Exportify pour exporter nos commandes et les intégrer dans notre back-office afin de préparer les commandes
  3. Order Printer qui permet à nos clients de générer leurs factures eux-mêmes, on gagne pas mal de temps
  4. Bulk Discounts pour mettre en place des codes promo quand on fait des opérations spéciales avec des conciergeries

Quels sont vos projets pour 2019  ?

En 2019, on a beaucoup de projets dans les tiroirs, c’est très excitant.

Tout d'abord, on va transformer notre boutique en show-room : on ne fera plus d'accueil client parce que ça prend un temps colossal.

Ensuite, on va concentrer notre énergie sur le développement de notre marque et notamment l’élargissement de gamme puisqu'on prépare le lancement de :

  • bougies en cire végétale toujours dans les boîtes de conserve et personnalisables
  • un petit produit qui s'appelle mini-pouce déjà testé en boutique (super car on a pu avoir les retours clients en direct). Il fait 9 cm de haut, c'est vraiment trop mignon et du coup on va devoir développer un packaging dédié pour pouvoir faire l'expédition postale.

Pour résumer, AŸ devient une marque déco et pas seulement une marque de plantes, c’est l’idée pour la suite.

Enfin, on développe une nouvelle activité : la scénographie végétale avec une nouvelle marque, Greenery Girls. C’est quelque chose qu’on a pas mal fait ces dernières années, la végétalisation d'espaces, pour des boutiques, pour des restaurants, pour des événements.

Et là, on aimerait beaucoup par ce biais prendre la parole sur l'entrepreneuriat féminin et ainsi mettre en lumière des femmes qui travaillent sur le sujet du bien-être en général (les plantes, les cosmétiques bio, le textile éthique, le yoga).

« Il n'y a pas d’échecs, il n'y a que des brouillons. »

Pour finir, quels conseils donneriez-vous à une personne qui se lance dans l'e-commerce ?

De s'écouter. De s'écouter, mais pas trop non plus. C'est-à-dire qu'il faut s'écouter et pas forcément écouter sa peur. La peur de sauter le pas et de se dire je ne vais pas y arriver parce qu'en fait si tu y crois vraiment tu y arrives toujours, peu importe ce que tu fais. Et même si au final ce n'est pas ce projet-là qui aboutit, ce sera un autre, mais ce n'est pas grave, parce que du coup le fait de se lancer sur ce projet-là, soit celui-là réussira soit ce sera un autre. Mais du coup d'avoir sauté le pas, il y aura toujours une réussite derrière, il n'y aura pas d’échecs, il n'y aura que des brouillons.

« À part toi, en vérité il n'y a personne qui peut t'arrêter »

C'est une belle façon de le dire. Un dernier mot pour conclure ?

Merci la vie ! C'est hyper bateau, mais en vrai, tout est possible. Enfin, je suis désolée c'est hyper cliché, mais c'est la vérité... Il n'y a rien qui peut t'arrêter si tu as la détermination et si tu crois en ton projet, franchement, à part toi, il n'y a personne qui peut t'arrêter.


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Which method is right for you?Article publié par Aleks Ignjatovic

Aleks est la rédactrice en chef du blog de Shopify en français. Elle est responsable du marketing de contenu et de la localisation pour les marchés francophones chez Shopify.

Rédaction : Marjolaine Gaudard

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