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Compensations carbone : le processus de sélection de Shopify

Compensations carbone : le processus de sélection de Shopify

Article publié initialement sur le blog anglais de Shopify et écrit par Courtney Symons, Lead Writer chez Shopify.

Les compensations des émissions de carbone engendrent actuellement beaucoup de confusion. Dans le cadre des actions en cours pour lutter contre le changement climatique, les compensations carbone ont gagné en popularité, mais aussi en controverse.

Shopify a récemment commencé à proposer des solutions aux marchands et aux acheteurs pour leur permettre de compenser les émissions de carbone des livraisons de leurs commandes :

  • « Offset » : une application Shopify qui permet aux marchands de rejoindre des initiatives pour compenser les émissions de carbone générées par l’expédition de toutes leurs commandes.
  • « Shop » : pour chaque commande achetée avec Shop Pay (disponible uniquement aux États-Unis et au Canada), Shopify compensera toutes les émissions de carbone de l’expédition.

Mais que sont vraiment les compensations carbone ? Comment fonctionnent-elles et comment pouvons-nous savoir si elles sont efficaces ? Cet article vous détaille la stratégie de compensation carbone de Shopify, ainsi que la façon dont nous avons sélectionné nos projets de compensation.

Que sont les compensations carbone ?

Imaginez semer le désordre quelque part, en renversant par exemple un pot de peinture ; mais qu’ensuite vous ne sachiez pas comment nettoyer la peinture renversée ou que vous ne souhaitiez tout simplement pas le faire. Au lieu de nettoyer la peinture vous-même, vous pourriez payer quelqu'un d’autre pour qu’il nettoie le désordre d’un autre pot de peinture qui a été renversé ailleurs ; ou pour éviter qu'un autre pot de peinture ne soit renversé. La peinture que vous avez renversée est toujours là. Mais le nombre total de pots de peinture renversés dans le monde n’a pas augmenté même après que vous ayez renversé le vôtre. Cette analogie explique de façon simplifiée le fonctionnement des compensations des émissions de dioxyde de carbone (CO2) que nous rejetons dans l'atmosphère.

Ce qui est bon à savoir, c'est qu'il s'agit d'une analogie triviale. Pour reprendre l’exemple des pots de peinture, vous seriez toujours en train de contourner la peinture renversée sans jamais voir les avantages du nettoyage à distance dans lequel vous avez investi. L’extraction du carbone de l'atmosphère diffère dans le sens où elle est bénéfique pour la planète entière, quel que soit l'endroit dans le monde où le processus se produit.

Les particuliers, les entreprises et les gouvernements peuvent calculer la quantité de carbone qu’ils ont rejetée dans l’atmosphère dans le cadre de leurs activités quotidiennes ou de leurs opérations commerciales, puis payer pour capter ou prévenir des émissions équivalentes à cette quantité de CO2. Les compensations sont vendues par tonne métrique de CO2, et leur prix peut varier de quelques dollars la tonne métrique à des centaines de dollars, en fonction de la taille du projet de compensation, de la technologie utilisée, et du pays dans lequel le projet est mis en œuvre.

Bien que les compensations ne constituent pas une solution parfaite, elles restent un outil vitalement nécessaire.

Actuellement, les compensations ne font pas l’unanimité, et plusieurs critiques largement répandues ternissent leur image :

  • « Elles ne font qu'absoudre les gens de leur culpabilité et ne réduisent pas réellement les comportements qui causent les émissions. »
  • « Il est difficile de valider et de quantifier l’impact d’une compensation carbone. »
  • « Il y a de “mauvais joueurs” qui exploitent le système, en créant intentionnellement plus d’émissions de gaz à effet de serre pour rentabiliser leur neutralisation à travers les compensations carbone payées par des tiers. »
  • « Il existe une échelle de prix très étendue pour divers types de compensations carbone. Cela dit, la plupart de ces tarifs sont soit trop élevés (ce qui rend les options connexes inaccessibles) soit excessivement bas (ce qui soulève des questions sur l’efficacité des méthodes associées).»

Même si les compensations carbone ne constituent pas une solution parfaite, elles restent un outil vitalement nécessaire, du moins jusqu'à ce que nous développions une meilleure technologie pour atténuer les émissions.

Pourquoi Shopify achète des crédits de compensation carbone ?

Shopify a intégré le volet des compensations carbone dans le cadre d'une stratégie plus vaste :

  • 1. Réduire autant que possible les émissions directes.
  • 2. Compenser toutes les émissions restantes.

Pour clarifier, les compensations ne remplacent pas les actions visant à réduire notre empreinte carbone. Elles constituent en réalité un dernier recours pour compenser les émissions que nous ne pouvons pas éviter actuellement.

La plateforme et les opérations commerciales de Shopify sont neutres en carbone. Nous prenons des mesures pour réduire nos émissions de carbone en créant des bureaux verts et en minimisant notre empreinte carbone. Mais nous investissons également un budget pour compenser nos émissions liées au fonctionnement de notre entreprise, y compris l'alimentation en énergie de nos bureaux et de nos centres de données, les opérations et activités de nos employés, ainsi que nos voyages d'affaires.

Notre responsabilité est toutefois plus importante. Shop et Offset nous permettent de proposer ou d’offrir des compensations carbone aux marchands et aux acheteurs de notre plateforme. C’est l’un des grands atouts d’une société basée sur une plateforme comme la nôtre : nous pouvons atteindre plus d’un million de marchands dans le monde qui utilisent Shopify ainsi que les centaines de millions d’acheteurs qui achètent chez eux.

Le revers de cet avantage est que notre plateforme génère beaucoup d'émissions de carbone en raison de l’expédition des colis aux clients dans le monde entier.

L'impact du commerce sur les émissions de carbone

L'année dernière, les marchands Shopify ont expédié 1,1 milliard de colis qui ont traversé plus d'un billion de kilomètres. Un billion. Considérez l’énormité de cette distance, difficilement concevable pour l’esprit humain, car elle équivaut à 25 millions de fois le tour de la Terre. Elle représente plus de 100 allers-retours depuis le soleil à la planète la plus éloignée de notre système solaire, Neptune.

Remarque importante : puisque nous ne sommes pas absolument certains de la distance moyenne parcourue par un colis, nous avons opté pour une estimation prudente de 1 000 kilomètres par colis pour réaliser nos calculs. Malgré ces longs voyages, la chaîne logistique mondiale est aujourd’hui si efficace qu'un colis parcourant 2000 kilomètres, du Texas à New York, émet environ autant de carbone qu’un trajet de trois kilomètres en voiture de moyenne gamme. Mais il est difficile d’ignorer la distance énorme que représentent un billion de kilomètres, et la quantité de carbone émise en cours de route.

Pour chaque colis expédié, environ un kilogramme de carbone est relâché dans l'atmosphère. Bien que ce calcul ne relève pas d’une science exacte, notre équipe orientée données est arrivée à cette estimation en se basant sur des facteurs tels que la distance de trajet moyenne, le moyen de transport, et le poids du colis.

Qu'est-ce que cela signifie en pratique ? Un kilogramme de carbone équivaut à l’émission de carbone qui est générée lorsqu’une ampoule de 43 watts reste allumée pendant un jour et demi. Lorsque l’on considère notre envergure, cette émission devient un problème : plus d'un milliard d'envois de colis allumant un milliard d'ampoules chaque année.

Nous n’ignorons pas ces externalités négatives et nous prenons des mesures pour les compenser.

Comment avons-nous choisi notre fournisseur de compensation carbone ?

Il existe différents types de compensations carbone qui dépendent de différentes méthodes et technologies. Toutes ces options peuvent prêter à confusion. Les initiatives de compensation carbone peuvent inclure des projets dont la finalité est de stocker le carbone dans des réservoirs à long terme, comme les arbres, le sol ou les zones humides, ou des projets qui réduisent les émissions provenant d’endroits comme les décharges, les fermes ou les usines de fabrication. Malheureusement, il existe également des projets difficiles à cerner en raison du manque de transparence ou de visibilité.

Nous savions donc que nous devions collaborer avec une entreprise orientée vers nos objectifs et certains principes clés :

  • Additionnalité : la compensation carbone doit conduire à une réduction des émissions de CO2 qui n'aurait autrement pas eu lieu. Cela exclut les investissements dans des parcs nationaux déjà protégés, par exemple.
  • Permanence : les solutions à court terme sont exclues. Le carbone capturé et représenté dans les compensations doit être stocké pour toujours, ou pendant très, très longtemps.
  • Pas de double comptage : les compensations ont un impact unique qui ne peut pas être comptabilisé deux fois.
  • Surveillance et vérification : les bonnes compensations doivent pouvoir être surveillées et vérifiées pour accomplir leur objectif premier.
  • Évolutivité : nous souhaitions investir dans des projets capables d'évoluer et de donner des résultats à rythme rapide, qui ne dépendent pas de processus manuels chronophages ou nécessiteux en ressources.

Mais au-delà de tous ces critères, nous recherchions une solution qui s'aligne avant tout sur les valeurs de notre entreprise. Nous croyons que les problèmes peuvent être résolus grâce à la technologie, que l'entrepreneuriat est l'une des plus grandes formes d'expression de soi, et qu'une entreprise doit être dirigée par une personne passionnée. Bien que ces valeurs puissent sembler être des banalités, elles sont d’une extrême importance.

Notre équipe s’est fondée sur ces valeurs pour évaluer différentes entreprises très performantes. Même si nous en examinons encore certaines, au final, le choix de Shopify s’est porté sur « Pachama » pour l’achat des compensations carbone pour nos applications Shop et Offset.

« Nous recherchions une solution alignée sur les valeurs de notre entreprise. »

Nous avons fait ce choix pour de nombreuses raisons, la plus importante étant la façon dont Pachama utilise la technologie pour réaliser la compensation différemment, de façon à maximiser le budget réellement consacré à ses projets de compensation.

Certains facteurs pouvaient être considérés comme problématique : Pachama compte une équipe de 10 personnes seulement, et c'est encore une startup. De plus, Pachama est actuellement notre seul fournisseur de compensations carbone pour Offset et Shop, même si nous prévoyons de diversifier nos investissements de compensation. Mais Pachama a su se démarquer en tant qu’entreprise axée sur la technologie et l'esprit entrepreneurial. Le fait que son équipe soit si réduite est une preuve de son agilité et de l’expertise des employés qui ont été recrutés.

L'histoire de Pachama

Le PDG de Pachama, Diego Saez-Gil, est né dans le nord de l’Argentine, au pied de la forêt amazonienne. Il a grandi entouré d'arbres et de montagnes. Après avoir obtenu son diplôme universitaire, il a déménagé aux États-Unis et décidé de devenir entrepreneur.

Il a lancé deux entreprises. La première était une application de réservation d'auberges de jeunesse — une application qu'il aurait souhaité avoir lorsqu’il voyageait en sac à dos, et qu'il a finalement vendue à Flight Center. La deuxième était Bluesmart, qui produisait des valises traçables par GPS, une idée qu'il a eue après avoir perdu des bagages remplis de cadeaux pour sa famille et ses amis.

Lorsque les explosions de téléphones Samsung ont conduit à des restrictions portant sur les batteries au lithium-ion dans les avions, les valises de Diego qui fonctionnaient avec ce type de batteries ont été interdites de vol. C'était une période difficile pour lui. Mais il est parvenu à vendre la propriété intellectuelle de l'entreprise à Travelpro, pour décider ensuite de relever un nouveau défi.

« Pachama est une formulation abrégée de Pachamama, la déesse de la Terre. »

Diego a pris un congé sabbatique pour vivre une aventure avec ses deux frères, et traverser la forêt tropicale depuis sa maison en Argentine jusqu'au Pérou. L'Amazonie était incroyable selon ses dires, mais la déforestation qui se produisait le long de la frontière ne l’a pas laissé indifférent. Des écosystèmes entiers étaient en train de disparaître. C’est ce qui l’a poussé à réfléchir à son prochain projet.

Ses recherches lui ont permis de découvrir que les forêts préservées respirent et stockent 30 % de toutes les émissions annuelles de CO2 d’origine humaine. Pourtant, nous continuons d’abattre des arbres. En raison de son expérience en matière de création d’entreprises technologiques, il a décidé d'utiliser la technologie pour contribuer à résoudre ce problème.

Diego a choisi le nom Pachama comme une formulation abrégée de Pachamama, la déesse de la Terre vénérée par les peuples autochtones d'Argentine. Ces peuples pensent que la Terre est vivante et que nous devons l'honorer et la protéger.

Comment Pachama utilise la technologie pour maximiser les compensations

Traditionnellement, la mesure des arbres est une tâche manuelle requise dans le cadre des compensations carbone basées sur la conservation forestière. Il faut envoyer des gens dans la forêt pour prélever des échantillons de parcelles, compter les arbres, les mesurer avec un mètre ruban et valider la quantité de carbone qui est réellement séquestrée par la forêt en question.

Ce processus est coûteux, lent et sujet aux erreurs. En outre, une entreprise n’aurait qu’à suivre ce processus une fois tous les cinq ans environ pour être admissible à l’obtention d’une certification, ce qui rend les informations recueillies presque immédiatement obsolètes. Le processus de certification de la procédure de vérification manuelle peut coûter des centaines de milliers de dollars en raison de toute la main d’œuvre humaine requise.

Mais aujourd'hui, nous avons une abondance de satellites qui prennent presque constamment des photos aériennes de la Terre. Nous disposons de la technologie d'apprentissage automatique et de l'intelligence artificielle, qui peuvent contribuer à traiter toutes ces images et développer des algorithmes qui servent à prédire la quantité de carbone dans une zone donnée.

Il existe également des technologies telles que LIDAR, « Détection et télémétrie de la lumière », qui scannent en trois dimensions un environnement en tirant des faisceaux laser pour mesurer les distances. Et n'oubliez pas les drones qui peuvent désormais parcourir de très longues distances.

« Notre objectif était de rassembler toutes ces technologies que le monde de la tech avait développées et de les utiliser au service de ce secteur pour le rendre plus efficace, plus transparent et plus crédible », déclare Diego.

Et ce profil illustre tout ce que nous recherchons : des entrepreneurs passionnés qui exploitent de façon innovante des technologies de pointe pour résoudre des problèmes de grande envergure qui n'ont jamais été résolus auparavant.

Au lieu de soutenir un seul et unique projet de conservation forestière, Pachama met en œuvre une approche ouverte, afin de créer une place de marché regroupant divers projets du monde entier parmi lesquels les gens peuvent choisir.

« Nous recherchons des entrepreneurs passionnés qui exploitent de façon innovante des technologies de pointe pour résoudre des problèmes de grande envergure qui n'ont jamais été résolus auparavant. »

« Nous construisons une plateforme en ligne », explique Diego. « De la même manière que Shopify démocratise l’e-commerce, nous voulons démocratiser la manière dont les forestiers et les agriculteurs peuvent accéder aux entreprises et aux personnes qui sont de plus en plus nombreuses à vouloir compenser leurs émissions carbone. C'est la seule façon dont ce secteur peut se développer. »

L’objectif que s’est fixé l’équipe est de voir des dizaines de milliers de nouveaux projets de conservation forestière surgir partout sur la planète, et que Pachama en soit le point connecteur.

Pachama utilise une technologie comme LIDAR pour calculer la densité de la biomasse dans les forêts que ses projets protègent.

Les arbres ne constituent pas une solution parfaite. Ils peuvent finir par être brûlés, rasés ou infestés par des nuisibles. Le calcul du nombre total d'arbres dans une zone protégée est sujet aux erreurs. Il existe même des études qui montrent que les forêts perdent leur capacité à absorber le carbone à cause des sécheresses et des températures élevées.

Mais il est indéniable que le maintien de nos forêts existantes et la plantation d’arbres supplémentaires contribuent grandement à l’environnement de notre planète. Ces actions soutiennent les agriculteurs et les propriétaires fonciers du monde entier, en plus de contribuer à la biodiversité.

Zoom sur l'anatomie d'une compensation carbone

Jusqu'à présent, nous avons choisi deux projets de conservation forestière avec Pachama, un pour notre application Offset et un pour Shop.

Les marchands qui utilisent notre application Offset pourront investir dans le projet de conservation de la forêt de Jari Pará, dans la forêt amazonienne. Ce projet couvre 496 988 hectares de forêt tropicale au Brésil où plus de 2 400 espèces de flore et de faune sont protégées.

Si vous effectuez un achat avec Shop Pay, Shopify compensera l'expédition de votre colis via le projet de conservation de la concession forestière de noix du Brésil, qui protège plus de 291 566 hectares de forêt tropicale au Pérou et qui empêchera l’émission de 14,5 millions de tonnes de CO2. Ce projet est composé de 143 parcelles de terre exploitées par 377 producteurs de noix du Brésil.

Ces deux projets sont des projets certifiés « Verified Carbon Standard », et ils seront contrôlés et suivis par Pachama qui déploiera sa technologie d'apprentissage automatique, d'imagerie par satellite et de surveillance à distance. Notre prix à la tonne métrique de CO2 couvre les coûts du projet pour protéger la forêt existante ; augmenter la biomasse grâce à de meilleures pratiques de gestion forestière ; et vérifier l'avancement du projet. Mais nous voulons peindre une image plus précise de l’utilisation de cet argent.

En fin de compte, Pachama est une entreprise qui doit être rentable pour continuer à exister. Pour chaque dollar que Shopify investit, 20 centimes de commission sont versés à Pachama. Les 80 centimes restants sont directement investis dans les projets de conservation forestière — plus précisément, ce sont les gens qui possèdent la terre et protègent les arbres qui perçoivent cet argent.

Les 20 % de commission de Pachama sont utilisés pour engager différents coûts, notamment :

  • Le paiement des images et des données satellites (fournies par « Planet » et « Maxar »),
  • La vérification initiale de la qualité des projets et suivi continu par la suite,
  • La R&D : Pachama dispose d'une équipe de professionnels titulaires de doctorats, de scientifiques des données et d'ingénieurs qui travaillent à affiner les processus mentionnés ci-dessus et à développer de nouvelles technologies pour mesurer la biomasse de carbone des parcelles forestières,
  • La création de pages d'impact personnalisées,
  • Le recrutement d’effectifs.

L’argent qui constitue les 80 % restants et qui est alloué à leurs projets est ventilé au cas par cas.

À titre d'exemple, voici une analyse des coûts d'exploitation annuels d'un projet anonyme.

Analyse des coûts d'exploitation annuels

Les revenus générés par un projet comme celui-ci dépendent de la taille du projet, du nombre de crédits carbone que l’entreprise choisit (ou peut se permettre) de vendre, et du prix facturé. Il y a un coût initial important qui doit être engagé pour lancer et vérifier un projet, ainsi que des frais de surveillance continue non négligeables. Une grande partie des bénéfices conservés par le promoteur du projet est réservée à des vérifications et des audits périodiques réalisés par des tiers (qui varient considérablement en fonction de la taille et de l'emplacement du projet). Finalement, le reste des bénéfices est réparti entre le promoteur du projet et les propriétaires fonciers.

Pourquoi protéger les forêts existantes au lieu de planter de nouveaux arbres ?

En bref, les deux initiatives sont essentielles, et nous investissons par conséquent dans les deux. La plantation d'arbres a déjà suscité un intérêt mondial, comme le prouvent certaines initiatives comme « Trillion Trees » et l'engagement du CEO de Shopify, Tobi Lütke, à planter 1 000 001 arbres. Mais il est extrêmement important de protéger les forêts anciennes, également. Les nouveaux arbres mettent des années à développer leur pouvoir d'absorption du carbone ; mais les forêts matures font déjà le travail.

En outre, les forêts amazoniennes existantes abritent 10 % des espèces connues dans le monde (elles abritent plus de 2,5 millions d’espèces d’insectes à elles seules) et 40 000 plantes différentes, dont un grand nombre ont permis le développement de médicaments pharmaceutiques essentiels. La préservation de ces écosystèmes et le soutien des communautés locales qui les protègent sont également des avantages considérables qui découlent de la protection des arbres existants.

Malheureusement, l’exploitation illégale du bois dans la forêt tropicale provoque une déforestation à un rythme effréné (la surface d’environ trois terrains de football rasée par minute). Étant donné que nous avons déjà perdu environ 17 % de la forêt entière, des projets comme ceux-ci cherchent à ralentir et à empêcher cette perte.

Les compensations carbone ne sont pas la solution au changement climatique

À elles seules, les compensations carbone ne résoudront pas le problème du réchauffement climatique — elles n’ont aucune chance d’y arriver. Mais en investissant dans les compensations, même si nous ne sauvons pas la planète, nous réduisons la quantité globale de carbone que nous émettons. Si davantage d’acteurs rejoignaient cet effort, cela rendrait nos objectifs climatiques beaucoup plus atteignables.

Sur terre, il y a un milliard d'hectares de terres où nous pourrions planter des arbres sans impacter l'agriculture. Cela permettrait de produire 1,2 billion d’arbres, qui pourraient capturer plus de 200 gigatonnes de carbone à partir de l’atmosphère, et en quelque sorte effacer les dégâts que nous avons déjà causés pendant une décennie entière, selon une étude suisse.

Ce n’est pas suffisant. Mais c’est un début. Nous continuerons de compenser ce que nous ne pouvons pas éliminer, et nous continuerons d'investir dans d'autres solutions pour identifier les technologies les plus prometteuses.

Restez à l'écoute pour en savoir plus sur le Fonds Shopify pour la durabilité et les technologies axées sur le climat dans lesquelles nous investissons.

Traduction par Mehdi Chakir. Illustration par Borja Bonaque.